Le capital-investissement représente aujourd’hui une opportunité majeure pour les investisseurs en quête de diversification et de performance à long terme. Accessible autrefois aux seuls investisseurs institutionnels, le marché du non coté s’ouvre désormais aux particuliers avec des tickets d’entrée à partir de 100 000 euros. Sur les quinze dernières années, ce segment a affiché les performances les plus élevées du marché, malgré une perception parfois négative liée à sa complexité et à son illiquidité. Comprendre les différentes phases et stratégies d’investissement devient ainsi essentiel pour tirer pleinement profit de cette classe d’actifs.
Les différentes phases d’investissement en private equity
Le private equity : phases et stratégies d’investissement s’articulent autour d’un cycle de vie spécifique qui accompagne les entreprises à différents stades de leur développement. Cette approche permet aux investisseurs d’intervenir au moment le plus opportun selon leur appétence au risque et leurs objectifs de rendement. Les fonds de capital-investissement structurent leurs interventions en fonction de la maturité des sociétés cibles, créant ainsi un écosystème financier complet qui répond aux besoins variés des entreprises non cotées. Cette segmentation temporelle offre également aux investisseurs une palette d’options adaptées à leurs horizons d’investissement et à leur profil de risque.
Du capital-risque au capital-développement : typologie des interventions
Le capital-risque constitue la première phase d’intervention, ciblant les startups à fort potentiel de croissance. Cette stratégie, connue sous le nom de Venture Capital, finance des entreprises en phase de démarrage qui nécessitent des capitaux pour développer leur produit ou conquérir leur marché. Les fonds lancés en 2015 dans ce segment ont enregistré un taux de rendement interne de 27,4%, démontrant le potentiel exceptionnel de cette approche. Toutefois, les millésimes plus récents de 2020 à 2022 affichent des performances inférieures à 5%, rappelant que le taux d’échec demeure élevé et que l’illiquidité est particulièrement forte dans cette catégorie. Le risque est compensé par la possibilité de rendements spectaculaires lorsqu’une entreprise du portefeuille connaît un succès majeur.
Le capital-développement, ou Growth Equity, représente la phase intermédiaire qui finance des PME et ETI déjà rentables cherchant à accélérer leur expansion. Cette stratégie se concentre sur des entreprises établies dont le modèle économique est éprouvé, avec des tickets d’investissement oscillant entre 10 et 100 millions d’euros. Le risque apparaît modéré comparé au capital-risque, car les entreprises génèrent déjà des revenus et disposent d’une structure opérationnelle solide. Les rendements potentiels se situent entre deux et cinq fois le capital investi sur une période de cinq à sept ans, offrant un équilibre attractif entre risque et performance. Cette phase attire particulièrement les investisseurs recherchant une croissance substantielle sans s’exposer aux incertitudes inhérentes aux phases d’amorçage.
Le cycle de vie des entreprises financées par les fonds
Les entreprises accompagnées par les fonds de private equity traversent un parcours structuré qui commence par la levée de fonds. Durant cette première étape, les gestionnaires de fonds sollicitent les engagements financiers d’investisseurs institutionnels et de particuliers fortunés, ces derniers étant désignés sous le terme de Limited Partners. Une fois les capitaux engagés, débute la période d’investissement qui s’étend généralement sur cinq ans, pendant laquelle les fonds sont progressivement déployés dans les entreprises cibles. Les équipes de gestion prélèvent environ 2% par an pour couvrir leurs frais de fonctionnement et leur rémunération, tandis que le reste du capital finance directement les opérations de croissance et de restructuration.
Après cette phase active d’investissement, les fonds entrent dans la période de maturation où ils accompagnent les entreprises dans leur développement stratégique. Cette phase peut inclure l’amélioration de la gouvernance, l’accès à des réseaux d’experts, l’alignement des équipes dirigeantes via des plans d’intéressement et la structuration du cadre actionnarial à travers des pactes d’actionnaires. Les principaux leviers de création de valeur mobilisés sont la croissance du chiffre d’affaires et de l’EBITDA, la réduction progressive de la dette contractée lors de l’acquisition, et l’amélioration du multiple de valorisation grâce aux performances opérationnelles. La durée de vie contractuelle d’un fonds atteint environ dix ans, au terme desquels les investisseurs récupèrent leur capital initial et les plus-values réalisées, après déduction du carried interest qui représente généralement 20% des gains dépassant un rendement cible d’environ 8%.
Les principales stratégies d’investissement adoptées par les fonds

Au-delà des phases d’intervention, les fonds de private equity se distinguent par leurs stratégies opérationnelles spécifiques qui déterminent leur mode d’action et leurs objectifs de rendement. Chaque approche correspond à des profils de risque différents et s’adresse à des investisseurs ayant des horizons temporels et des attentes de performance variés. Le marché du capital-investissement a enregistré un taux de rendement interne moyen de 11,3% sur la période 1987-2024, mais cette performance globale masque des écarts considérables entre les différentes stratégies et entre les fonds du premier quartile et la médiane. La sélection de la stratégie appropriée constitue donc un facteur déterminant du succès d’un investissement en private equity.
Le leverage buy-out et ses variantes opérationnelles
Le Leveraged Buyout, communément désigné par l’acronyme LBO, représente l’une des stratégies phares du capital-investissement. Cette approche consiste à acquérir des entreprises matures en combinant fonds propres et dette bancaire, permettant ainsi d’optimiser la structure financière et d’amplifier les rendements potentiels grâce à l’effet de levier. Les fonds de LBO visent généralement un rendement net proche de 15% par an, ce qui équivaut à un doublement du capital investi sur la période de détention. En termes bruts, avant déduction des frais et du carried interest, l’objectif se situe entre 20 et 25% annuels. Cette stratégie offre des rendements de deux à quatre fois le capital initial sur une durée de cinq à sept ans, tout en bénéficiant d’un contrôle renforcé sur la gestion opérationnelle de l’entreprise.
L’acquisition par effet de levier suppose une analyse rigoureuse de la capacité de l’entreprise à générer des flux de trésorerie suffisants pour assurer le remboursement de la dette contractée. Les gestionnaires de fonds privilégient généralement le maintien des équipes dirigeantes en place, estimant que leur connaissance approfondie du secteur et de l’organisation constitue un atout majeur pour la réussite de l’opération. Les plans d’intéressement permettent d’aligner les intérêts des managers avec ceux des investisseurs, créant ainsi une dynamique favorable à la création de valeur. Les modalités précises d’entrée au capital sont formalisées dans un pacte d’actionnaires qui définit les droits et obligations de chaque partie, ainsi que les mécanismes de gouvernance qui encadreront la relation pendant la durée de l’investissement.
Le capital-transmission et les opérations de croissance externe
Le capital-transmission intervient lors de moments clés de la vie d’une entreprise, notamment lorsque les fondateurs souhaitent céder leur participation ou qu’une restructuration actionnariale devient nécessaire. Cette stratégie se distingue du simple rachat par son objectif de continuité et de développement plutôt que de pure optimisation financière. Les fonds spécialisés dans cette approche recherchent des entreprises dotées d’un positionnement solide sur leur marché et d’équipes managériales compétentes, capables de poursuivre la trajectoire de croissance amorcée. Le risque apparaît modéré car les entreprises ciblées disposent généralement d’un historique de rentabilité et d’une position concurrentielle établie.
Les opérations de croissance externe constituent un levier stratégique fréquemment mobilisé dans le cadre des investissements en private equity. Cette approche consiste à accompagner les entreprises du portefeuille dans l’acquisition de concurrents ou d’acteurs complémentaires, permettant ainsi d’accélérer leur développement et d’améliorer leur positionnement sectoriel. Les fonds apportent non seulement les capitaux nécessaires à ces opérations, mais également leur expertise en matière d’identification de cibles, de négociation et d’intégration post-acquisition. Cette stratégie permet de créer de la valeur en générant des synergies opérationnelles, en élargissant l’offre commerciale et en renforçant le pouvoir de négociation face aux fournisseurs et clients. Les investisseurs bénéficient ainsi d’une création de valeur multidimensionnelle qui combine croissance organique et croissance externe, maximisant les perspectives de rendement tout en diversifiant les sources de performance.
La diversification géographique et sectorielle constitue également un axe stratégique majeur pour les fonds de capital-investissement. Selon McKinsey, le private equity a surpassé le capital public sur l’ensemble des cycles de marché, une performance qui s’explique en partie par cette capacité à sélectionner des entreprises dans des secteurs porteurs et des zones géographiques à fort potentiel de croissance. Les investisseurs peuvent accéder à des actifs non corrélés aux marchés publics, offrant ainsi une protection contre la volatilité des marchés cotés. Le marché secondaire, qui a enregistré des échanges de 132 milliards de dollars en 2023, permet par ailleurs d’acheter ou de vendre des parts de fonds déjà engagés, parfois avec des décotes de 10 à 25%, offrant une opportunité d’entrée attractive tout en réduisant le risque et en accélérant les distributions. Cette liquidité anticipée représente un avantage non négligeable pour les investisseurs souhaitant ajuster leur exposition au private equity sans attendre la fin du cycle complet d’investissement.





